Méthode de calcul — BelleViager

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Méthode

Ce que le calculateur calcule, et comment

Cette page décrit les hypothèses, les formules et les sources retenues, pour que le résultat puisse être discuté — et contredit — plutôt que cru. Elle est faite pour être lue par un notaire ou un expert avant d’être annexée à un dossier.

Barèmes et tables à jour au 3 août 2026 (mortalité : INSEE millésime 2024, TGH05/TGF05, Daubry, Tolosa). Les estimations produites sont indicatives et non contractuelles.


1. Espérance de vie du crédirentier

Le calcul part d’une espérance de vie résiduelle par âge et par sexe, puis en déduit une courbe de survie mensuelle continue (modèle de type Gompertz-Makeham calibré sur l’espérance cible). Trois jeux de tables sont disponibles et peuvent être combinés — le calculateur retient alors leur moyenne :

TableUsage
INSEE (tables TH/TF, millésime 2024)Espérance de vie résiduelle par âge et sexe, population générale, interpolée par spline monotone entre ancrages quinquennaux — référence de marché.
TGH05 / TGF05Tables prospectives par génération homologuées pour les rentes viagères : espérance plus longue, favorable au crédirentier.
DaubryBarème d’usage viagériste, souvent retenu en pratique notariale.

En présence de plusieurs têtes, la probabilité de service de la rente suit la loi du nombre de têtes vivantes (Poisson-binomiale), en tenant compte du taux de réversion retenu. Aucune table ne prend en compte l’état de santé : c’est au professionnel d’écarter un aléa insuffisant.

2. Valeur occupée et décote

La valeur de cession est la valeur vénale libre diminuée de la valeur du droit conservé par le vendeur. Deux voies sont proposées, et affichées côte à côte :

  • Valeur économique — capitalisation du loyer net de charges sur la durée probable d’occupation, actualisée au taux technique. C’est la méthode retenue par défaut.
  • Barème d’occupation par âge — table d’usage professionnel (calibrage Daubry, sexe compris), lue sur la tête la plus jeune. Elle ne dépend pas du marché locatif, et sert aussi de garde-fou à la méthode économique. Le barème fiscal de l’article 669 du CGI, lui, n’est affiché qu’à titre de comparaison dans le tableau de démembrement : il ne fait pas le prix.

La valeur économique n’est pas retenue sans garde-fou : elle est encadrée par le barème d’occupation, qui lui sert de plancher progressif vers le bas et, majoré de la largeur de corridor retenue par le cabinet (35 % par défaut, sans excéder 95 % de la valeur vénale), de plafond vers le haut. Quand l’une de ces deux bornes joue, le calculateur le signale : le prix ne reflète plus alors le droit d’usage calculé.

Les loyers capitalisés ne sont pas supposés constants : leur indexation est une hypothèse d’évaluation à part entière — indice de la rente, loyer constant, taux conventionnels dits Tolosa (2 ou 4 %) ou taux libre — et un tableau compare les prix qui en résultent. Le droit conservé est par défaut viager, donc pondéré par la probabilité de survie et éteint au décès ; il peut être évalué en mode perpétuel, sur un horizon conventionnel de quarante ans sans pondération de mortalité, hypothèse de majoration prudente de la décote.

Le droit d’usage et d’habitation (DUH) est valorisé plus bas que l’usufruit, puisqu’il ne permet pas de louer le bien. La valeur peut être forcée manuellement lorsque l’expertise le justifie : une valeur saisie échappe alors au plancher du barème — c’est une valeur voulue par le rédacteur — mais reste soumise au plafond, et l’écart au barème est signalé.

3. Conversion en bouquet et rente

Le bouquet est un pourcentage de la valeur de cession, versé comptant. Le solde est converti en rente par division par la valeur actuelle probable d’une unité de rente — c’est-à-dire la somme, sur tous les termes futurs, de la probabilité de survie multipliée par le facteur d’actualisation. La périodicité (mensuelle, trimestrielle, annuelle) et le paiement d’avance ou à terme échu sont pris en compte dans le décompte des termes.

4. Actualisation et indexation

Le taux d’actualisation ramène les flux futurs à leur valeur du jour ; l’usage notarial se situe entre 2 et 3 %, la référence OAT étant affichée à titre de repère. L’indexation de la rente est distincte : elle peut suivre l’indice du coût de la construction (ICC), l’indice des prix à la consommation hors tabac, l’évolution observée des loyers du secteur, ou un taux fixe choisi. Plusieurs méthodes cochées ensemble donnent la moyenne des taux.

5. Fiscalité de la rente

La fraction imposable de la rente viagère est fixée par l’article 158-6 du CGI selon l’âge du crédirentier au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. S’y ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux sur cette même fraction. Cette fiscalité ne s’applique ni à la vente à terme, dont les échéances sont un prix payé de façon échelonnée, ni à la cession de nue-propriété, payée comptant.

6. Rendement de l’opération

Pour l’acquéreur, le coût total espéré pondère chaque versement par sa probabilité d’être dû. Le TRI est le taux annulant la valeur actuelle de ses flux ; la VAN est calculée pour plusieurs durées de vie du crédirentier (5, 10, 15, 20, 30 ans) afin de montrer l’étendue du risque plutôt qu’un chiffre unique. Le point mort est l’instant où le cumul versé rejoint la valeur réellement détenue — le bien revalorisé, minoré du droit d’usage qui reste à courir, puisqu’une revente avant le dénouement se ferait occupée.

Quand l’acquéreur a la jouissance du bien — viager libre, vente à terme non occupée, et pour moitié en semi-occupé — le loyer qu’il perçoit vient en déduction de ses décaissements. Ce loyer est indexé au taux retenu pour l’indexation du loyer (méthode du droit d’usage), et non au taux de la rente : c’est la même grandeur économique que le droit d’usage, et les deux indices peuvent différer. En vente à terme occupée, le vendeur demeure dans les lieux après le terme : la valeur créditée à l’échéance reste la valeur occupée, jamais la valeur libre.


Sources

  • Code général des impôts, art. 669 (barème de l’usufruit) et art. 158-6 (fraction imposable des rentes viagères).
  • Tables de mortalité prospectives TGH05 / TGF05 homologuées pour les rentes viagères.
  • Tables de mortalité et espérances de vie par âge et sexe publiées par l’INSEE (tables TH/TF, millésime 2024).
  • Indices INSEE : coût de la construction (ICC), prix à la consommation hors tabac.
  • Barème viagériste Daubry, d’usage en pratique notariale.

Questions fréquentes sur la méthode

Quelle table de mortalité faut-il retenir ?

Trois jeux sont disponibles et peuvent être combinés. La table INSEE (TH/TF, millésime 2024) donne l’espérance moyenne de la population générale et sert de référence de marché. Les tables prospectives TGH05/TGF05, homologuées par l’arrêté du 1er août 2006 pour les rentes viagères, allongent l’espérance et favorisent le crédirentier. Le barème Daubry est le barème d’usage viagériste, souvent retenu en pratique notariale.

Comment est modélisée l’espérance de vie ?

À partir d’une espérance résiduelle par âge et par sexe, dont est déduite une courbe de survie mensuelle continue de type Gompertz-Makeham calibrée sur l’espérance cible. En présence de plusieurs têtes, la probabilité de service de la rente suit la loi du nombre de têtes vivantes, compte tenu du taux de réversion retenu.

Le calcul tient-il compte de l’état de santé du vendeur ?

Non, aucune table ne le fait. Il appartient au professionnel d’écarter un aléa insuffisant : un viager conclu alors que le décès était prévisible est nul faute d’aléa.

Ce calcul peut-il être annexé à un dossier ?

Oui, c’est sa destination. Les hypothèses, formules et sources sont publiées sur cette page pour que le résultat puisse être discuté et contredit. Il ne se substitue ni à une expertise de valeur vénale, ni au conseil du notaire.

Limites assumées

Le calcul ne se substitue ni à une expertise de valeur vénale, ni au conseil du notaire. Il ne tient pas compte de l’état de santé du crédirentier, ni des clauses particulières de l’acte (charges, travaux, clause résolutoire, privilège du vendeur), qui peuvent déplacer sensiblement l’équilibre du contrat.

Textes de référence

  • Art. 1968 à 1976 du code civil — contrat de rente viagère et exigence d’aléa
  • Art. 669 du code général des impôts — barème fiscal de l’usufruit
  • Art. 158, 6 du code général des impôts — fraction imposable de la rente viagère
  • Tables de mortalité INSEE et tables prospectives TGH05 / TGF05
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